Une deuxième Palme d’or pour ce continent habituellement sous-représenté à Cannes et dans les autres festivals de 7e art ? « La concurrence est très, très rude », dit à l’AFP la benjamine de la compétition, Ramata-Toulaye Sy, sans se risquer à davantage de commentaires.

Née en France, où elle a grandi, de parents Sénégalais, elle a livré à Cannes un premier long-métrage empreint de lyrisme sur l’émancipation d’une femme peule.

Avec deux films en compétition, une poignée d’autres disséminés dans les sélections parallèles et deux membres du jury originaires du continent, l’Afrique n’a jamais été aussi présente à Cannes. Une « émulation artistique » portée par une nouvelle génération de cinéastes. Peut-on parler d’une percée du cinéma africain ? Non, rétorque à l’AFP le cinéaste malien (Carrosse d’or cette année) Souleymane Cissé. « Les films africains ont toujours existé mais n’ont jamais été mis en valeur », soutient-il.

« La production africaine est riche et variée, il est temps de s’y intéresser », poursuit-il, dénonçant le « mépris » des Occidentaux. « Ce sont aux distributeurs d’aller chercher les films africains », abonde Ramata-Toulaye Sy, qui enseigne le cinéma à Dakar. « Ils ont toujours été là, devant nous », assure-t-elle. Tous les cinéastes sollicités par l’AFP disent partager la même ambition : faire des films ancrés en Afrique mais à « portée universelle ». Reste que le chemin est souvent semé d’embûches : « Dans notre région, la culture dérange », affirme le Soudanais Mohamed Kordofani, pour qui le tournage de son premier long-métrage « Goodbye Julia » (présenté en Sélection officielle) a été « très compliqué ». « Tourner dans un pays instable, où il y a des manifestations et des émeutes, n’est pas évident. On est vite rattrapé par la réalité de nos pays ».

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